samedi, 19 février 2005
Le roi est mort, vive le roi ! Et vive le français !
Pourquoi je veux rester un Dean Hausor ...
En juin 2000, un collectif d'enseignants révèle le scandale de la dictée du nouveau Brevet 2000, qui fit la une du Monde : un texte de 63 mots, alors que jusqu'en 1999, le texte de dictée n’en comptait jamais moins de 150, et comportait davantage de difficultés, sans pour autant constituer, loin de là, un répertoire des difficultés de la langue française.
Mais le pire était dans le barème de la notation, qui sans nul doute allait permettre de montrer combien le niveau montait : "On attribuera 1/2 point pour la graphie correcte des mots suivants :
- Mais, à, aimait, ces, la marque du pluriel dans enfants, dignes, pitié, tous, sont, orphelins, gîte, était, parce qu'.
On enlèvera un maximum de 2 points pour d'autres fautes commises, à raison d'1/2 point par faute".
Bref, il suffisait d’écrire correctement 13 mots sur 65 – un mot sur cinq - pour être champion d’orthographe.
Afin de vérifier le niveau réel des élèves entrant en seconde, ce collectif décide de pratiquer un test : proposer à tous la même dictée, celle du brevet 1988, et en y appliquant les barèmes encore en vigueur en 1999.
En 2000, le test a été réalisé auprès de 56 classes, soit 1724 élèves. La moyenne générale était de 5,58 / 20. Seuls 29,77 % des élèves avaient obtenu la moyenne, 9,27 % atteignaient ou dépassaient 15/20, près de 28% avaient obtenu 0/20.
En 2004, le test est pratiqué auprès de 2300 élèves. Il s'agit de la même dictée, et du même barême de correction.
En quatre ans, le nombre d’élèves de seconde qui ne maîtrisent pas l’orthographe de base a doublé. 56% d’entre eux auraient zéro à la dictée du brevet de 1988.
NO COMMENT.
Pour ceux que cela intéresse, le détail, les résultats complets et l'analyse ici :
- http://www.sauv.net/eval2004analyse.php
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mercredi, 02 février 2005
Réfléchir
Voici un extrait d'un article tiré de Sciences et Avenir; numéro 696, de février 2005, page 38.
A la question : "La désaffection pour les sciences n'est donc pas une fatalité ?"
Voici la réponse de Sébastien Balibar :
"Ce phénomène est tragique. J'observe quand même qu'il n'est pas universel car dans un pays comme l'Inde, j'ai été émerveillé par le désir des jeunes d'apprendre. Chez nous la situation est plus grave car je pense que nous vivons non seulement une désaffection pour la science mais plus généralement pour toute la connaissance. Il faut avoir le plaisir de réfléchir pour apprendre et je crains que certains aient perdu l'envie de réfléchir."
J'avais envie de souligner certains passages de cette réponse. Finalement je ne l'ai pas fait car l'ensemble de celle-ci me paraît très importante. En outre je la crois malheureusement vraie.
Sébastien Balibar est physicien au laboratoire de physique statistique de l'Ecole normale supérieure de Paris, qu'il a dirigé de 1994 à 1999.
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